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L'affaire Anne Marie-Roudil

Le meurtre de Anne Marie Roudil

24 juillet 2008
Le jeudi 24 juillet 2008 à 23h00 sur France 2, Christophe Hondelatte revenait dans son émission Faites entrer l'accusé sur la dramatique affaire Anne-Marie Roudil.
2 022 000 téléspectateurs ont regardé la reconstitution de l’affaire Michel Guibal.

Résumé de l'affaire

Michel Guibal menait dans l'Hérault une vie tranquille avec sa femme et son fils. Anne-Marie Roudil, elle, vivait à Perpignan avec son mari et ses deux enfants. Rien ne semblait lier ces deux personnes et pourtant, le 18 mars 1991, Michel Guibal immolait Anne-Marie Roudil sous les yeux de ses enfants.

Michel Guibal menait dans l'Hérault une vie tranquille avec sa femme et son fils. Il dirigeait une entreprise de nettoyage qui fonctionnait bien. Anne-Marie Roudil, elle, vivait à Perpignan avec son mari gynécologue et ses deux enfants. Rien ne semblait lier ces deux personnes et pourtant, le 18 mars 1991, Michel Guibal immolait Anne-Marie Roudil sous les yeux de ses enfants. Un crime gratuit, sans mobile apparent. Ils s'étaient connus plus jeunes, la vie les avait séparés. Elle était heureuse, mais lui ne l'était pas. Il s'est vengé, inspiré par des voyants et des magnétiseurs qui «voyaient», à la source de son malheur, une femme qu'il aurait connue des années avant.

Documentaire Michel Guibal, L'envoûtement

L'extrait vidéo du documentaire «Michel Guibal, l'envoûtement» présenté est une production 17Juin Média, diffusé et enregistré sur la chaine de télévision France 2. Cliquez sur le bouton de lecture au bas de la vidéo pour visionner le documentaire

Robert Ayache et Jean-Claude Génis, les policiers chargés de l'enquête, racontent comment la PJ est remontée jusqu'à Michel Guibal : un simple sac en plastique orange, oublié sur les lieux du drame, va le faire chuter.

Danielle Braud, la juge, rentre dans le détail de l'instruction. Elle entend Michel Guibal et sa femme, et très vite ils avouent : Michel Guibal a bien fait brûler Anne-Marie Roudil. Mais quel a été le rôle de l'épouse et celui des voyants dans cet assassinat ? Voilà la difficile équation qu'elle doit maintenant résoudre...

Christophe Hondelatte interroge les différents acteurs de ce drame.

Danielle Braud organise des confrontations, des reconstitutions ; pour en arriver à une intime conviction : Michel Guibal, seul, a froidement prémédité son geste. Il est l'unique responsable de la mort d'Anne-Marie Roudil.

En octobre 1994, Michel Guibal est condamné à la perpétuité sans peine de sureté. Il accueille le verdict par ces mots : "Je ne suis plus l'homme qui a effectué cet acte. Je ne pardonnerai jamais à l'homme que j'étais ce jour-là"

Commentaire de TeleObs

La famille Roudil vient de déménager. Mère au foyer épanouie, épouse aimée d'un gynécologue reconnu, Anne-Marie Roudil respire la joie de vivre. Le bonheur rayonnant de la jeune femme marque tous ceux qui l'approchent. Le 18 mars 1991, Anne-Marie rejoint tranquillement son nouvel appartement où l'attendent ses deux enfants âgés de 9 et 12 ans. Lorsqu'elle sort de l'ascenseur, un homme l'asperge d'essence avant de la transformer en torche vivante. Les cris de la malheureuse alertent ses enfants. Jean-Philippe, son fils, tente d'étouffer les flammes avec un tapis. Son regard croise alors celui d'un homme qui se tient sur le palier, immobile : «Je l'ai vu, il avait le regard méchant.» L'inconnu fi nit par s'en aller, tranquillement, froidement. Alertés par les cris, les secours arrivent. Transportée à l'hôpital, Anne-Marie Roudil s'inquiète pour ses enfants, questionne sur l'étendue de ses blessures. Consciente jusqu'aux derniers instants, la victime meurt d'asphyxie : la gravité des brûlures ne lui a laissé aucune chance.

A l'annonce de ce meurtre barbare, toute la ville de Perpignan est sous le choc : qui pouvait en vouloir à ce point à cette famille sans histoire, et pourquoi ? Personne ne comprend ce crime gratuit sans mobile apparent. Pour «Faites entrer l'accusé», Anne Gautier retrace une affaire dont la police craint qu'elle ne soit jamais résolue. Au moment où l'enquête semble dans l'impasse, la juge d'instruction Danielle Braud reprend tous les témoignages. Aline, témoin restée auprès d'Anne-Marie Roudil, parle alors d'un sac orange désigné par la victime. La police retrouve le fameux sac, qui devient le seul indice, mais un indice de taille : une empreinte, un nom. Il indique même une adresse : celle du pressing où un certain Guibal (le nom noté sur le sac) a donné ses vêtements. L'homme a payé par chèque... Il n'y a plus qu'à remonter la piste.

Trouver Michel Guibal est chose simple, comprendre son geste, beaucoup moins. Le film d'Anne Gautier entre alors dans le vif du sujet et tente d'expliquer comment un homme aussi lisse a pu basculer dans l'horreur préméditée. La journaliste interroge le psychiatre chargé d'évaluer le meurtrier. Le médecin décrit un homme peu sûr de lui, doutant de ses capacités. Guibal a consulté des voyantes et des magnétiseurs pour régler ses problèmes de couple. Lors de ces séances, il a focalisé toute sa rancoeur sur une ancienne relation, un flirt de quelques mois, une certaine Anne-Marie. Cette dernière n'aurait pas répondu à sa lettre de rupture... dix-sept ans auparavant ! L'enquête prouve que Guibal a longuement prémédité son crime. Celui que la presse de l'époque a décrit comme «envoûté» se révèle avant tout froidement déterminé. Le film décortique cette implacable mécanique. Digne et admirable, le mari d'Anne-Marie Roudil témoigne. Sa réflexion terriblement lucide résume tout le drame : «Toute cette horreur pour une banale histoire d'impuissance !»



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Publié par delenda le Nov 26, 2009 8:44:32 PM

Édition du mercredi 25 novembre 2009 du Midi Libre

Hérault Affaire Roudil : derniers éclats de voix, dix-huit ans après un crime

En 1991 à Perpignan Michel Guibal avait immolé par le feu Anne Marie Roudil devant ses deux jeunes enfants «L’affaire Guibal-Roudil, ça ne me concerne plus. Je veux tourner la page de ce passé, je veux refaire ma vie. Ce qui m’a sauvé, c’est que j’ai rencontré quelqu’un. Je n’ai plus de haine ».

C’est peut-être le dernier soubressaut judiciaire d’un drame survenu il y a dix-huit ans qui s’est joué hier après-midi au tribunal correctionnel de Montpellier. A la barre, Anne-Marie Veneziano, 63 ans, chef d’entreprise dans l’agglomération montpelliéraine. Avant son divorce, survenu cette année, elle s’appelait Guibal, comme son mari, Michel, condamné en 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité, pour avoir en 1991 fait brûler sous les yeux de ses enfants Anne-Marie
Roudil, l’épouse d’un médecin de Perpignan.

Quinze ans plus tard, le Dr Roudil, qui vit à Montpellier, portera plainte, après les menaces proférées par Mme Guibal contre plusieurs acteurs du dossier judiciaire. Des menaces enregistrées lors de conversations téléphoniques avec son mari incarcéré, qui tente en vain d’obtenir une libération conditionnelle. Ses cibles ? La juge qui a instruit le dossier, le procureur qui a requis aux assises, et la famille de la victime.

« Il va avoir des chrysantèmes sur sa tombe comme sur celle de son épouse ». « La juge, je lui mettrai de l’acide sur la langue » lit le président. « C’est la souffrance qui a parlé. J’ai fait ces menaces dans le désespoir, je serai jamais allée tuer qui que ce soit.»
Me Etienne Nicolau, partie civile pour la famille du Dr Roudil, doute de ce changement d’attitude de la prévenue. « Je suis persuadé qu’elle est aujourd’hui dans le même état d’esprit qu’il y a deux ans. Les menaces se sont déroulées sur plusieurs années, les rappels à la loi ont été inutiles.» Et l’avocat insiste : « L’assassinat de Mme Roudil n’a jamais eu de mobile. Elle est morte parce qu’il y a eu tout d’un coup dans cette famille la conviction qu’elle était le diable.»

Mêmes interrogations pour le procureur : « Quelle est sa dangerosité ? Faut-il l’encadrer pour protéger les autres d’un éventuel passage à l’acte ? » se demande la magistrate, qui réclame deux mois de prison avec sursis, et deux ans de mise à l’épreuve.
« Quelqu’un qui passe à l’acte agit dans son coin. Là, vous avez quelqu’un qui verbalise, ça peut vous rassurer » répond Me Sophie Guilbert, en défense. « Pendant vingt ans, elle a tenu son fils, son mari et sa société à bout de bras. Elle a développé des troubles psychologiques, d’autant qu’il y a des souffrances des deux côtés de la barre dans un procès d’assise. Je vous demande la plus grande clémence. »

Le tribunal l’entend, en infligeant à la sexagénaire deux mois de prison, assortis d’un simple sursis. Michel Guibal, lui, est toujours incarcéré à la centrale d’Einsiheim : toutes ses demandes de libération ont été refusée, les magistrats n’étant pas convaincus de sa non-dangerosité.

François BARRÈRE

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